Racing Team !

***Dark Dog Moto Tour 2005

Par Gaetan Caquineau

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La presse:   Video 5Mo:

 

Quoi de plus logique quand on est passionné de moto anglaise, que vouloir un jour se confronter dans une épreuve avec les productions allemandes, nippones et italiennes ?

Le dark dog tour 2006 est une magnifique opportunité pour cela. On sort des débats de comptoir et des archives de course, on va le faire pour de vrai, pas de triche et ça va saigner.

Pour résumer le DARK DOG TOUR (pour ceux qu’ont pas suivi au fond de la classe et qui savent pas), c’est pas une course de démonstration, elle se déroule sur 9 jours pour parcourir 3000 km avec 250 concurrents engagés  dont 50 en classique, le reste c’est de la moto d’élevage.

Les parcours de liaison se font à l’aide d’un road book (pas évident), tu dois maintenir un 60 km/h de moyenne en comptant les traversées de ville, les ravitaillements, les ralentissements (travaux sur les routes, concurrent qui se pète la gueule devant toi, flotte, manque d’oxygène pour les moteurs en altitude et j’en passe).

 

12 spéciales qui consistent à fermer une route (ou plutôt un chemin), comme une course de cote (de 3km à 8km) ou là tu tartines à mort dans un milieu hostile (arbres, ravins, nids de poule, gravier, poteau, vieille qui te coupe devant, lapin, poule, bouse etcccccccccc).

 

3 épreuves sur circuit (CAROLE, FOLLE EN BRAIE, CROIX EN TERNOIS).

 

C’est ma deuxième participation (2004 en triumph thunderbird de 58), je vous jure que c’est rock n roll.

J’avoue que j’ai une certaine fierté à représenter la moto anglaise sur cette épreuve (trop peu nombreuses, il y avait que les deux mille Vincent de Godet, j’espère que cela va changer….).

 

Ma moto était une NORTON COMMANDO 850 MK 2, une épave remontée de main de maître en deux mois par Bertrand Clausse  (motos-anglaises.com).

Nous avons eu très peu de temps pour préparer la machine et cela c’est fait sentir en course (enmerdes diverses).

 

La moto représentait le CLUB TRITON  FRANCE et MOTORHINO. COM. Le long du parcours j’ai rencontré beaucoup de soutien de la part des gens et une grosse assistance des membres du CTF de REIMS et de LILLE qui m’ont aidé dans la difficulté.

Il faut dire que ça commence fort sur la première étape REIMS - REIMS, en liaison en direction de CAROLE, je paume trois vis de fixation de carter intermédiaire primaire qui se baladent dangereusement, on répare de justesse pour entrer en piste sur CAROLE où la moto fini 9ème sur 52.

Les adhérents du CTF île de France ont  boudé l’épreuve, dommage.

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Direction la spéciale de JONCHERY, où la NORTON fait des siennes, quatre écrous fixation moteur se sont barrés, les cuves de carbus dégueulent, l’isolastic est déréglé: l’enfer.

L’assistance composée de CHET a du boulot pour la maintenance, il est assisté de HERVE et FRED ainsi que de MIMILE et NARNARD de REIMS, membres actifs du CTF.

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Le lendemain, direction Folembray, mais sur le parcours de liaison, m’arrive une grosse casse, la chaîne primaire a amoureusement copulé avec le stator et le rotor, je roulais à 110 et la moto s’est littéralement bloquée.

Je voyais l’abandon, mais après 8 heures de réparation nous avons pu repartir grâce à l’aide de NANARD qui nous a fourni les pièces nécessaires, un grand merci a lui.

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Nous avons donc pris la route de nuit en direction de LILLE pour rejoindre l’épreuve et bien sur, nous écopons de pénalités énormes, nous sommes toujours en course, mais dans le fond du classement (« dans le fond on est pas si con » célèbre expression du Cdt COUSTEAU)

Nous avons été hébergés par Emmanuel TRICHET, on ne savait où dormir et Bruno PERLINSKI est venu nous amener des pièces le matin du départ, mais malheureusement on n’était pas arrivés.

Donc un grand merci à nos amis de LILLE qui ont compris dans quelle merde on était.

 

On était la seule anglaise en course, les deux VINCENT ayant abandonné, j’ai vu Bruno LEROY rouler, magnifique, mais je pense qu’il a trop mis le paquet au départ, le dark dog est une course longue qui souvent se joue sur la fin. J’aurais voulu voir les VINCENT à TOULON.

Ensuite, c’est la flotte, les routes trop longues et cette Norton que je connais pas très bien, je suis un peu comme un gars qui se barre 10 jours avec une gonzesse qu’il connaît pas (je vous laisse imaginer). Pour ne rien vous cacher, je flippe à cause de l’incident mécanique qui peut me foutre en l’air, je suis fatigué, et je pars dans les spéciales comme un mec va au boulot…

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Dans la liaison ROUEN - THONON LES BAINS (700 bornes), le hasard fait que l’on passe devant le siège social du CTF, et bien sur on se paume, et là, qu’est ce que je vois : une belle blonde en caisse « bordel, mais c’est ARLETTE », elle est un peu surprise de voir mon gros truc estampillé « CTF » et gentiment elle nous indique la route à prendre, on se fait un salut et go, il reste 600 bornes de routes de merde.

Apres avoir subit une panne d’essence dans le MORVAN, ramassé un motard qui s’était panné devant moi, couru une spéciale plus que limite ou la moto fini 7ème, c’est sur les coups de 21 heures que j’arrive sur THONON, ou m’attendent JEAN LUC de MOTOS-ANGLAISES.COM et JOHN, président du Club 59 de SUISSE.

Vous me dites: l’occasion d’un repos bien mérité après une journée de moto ???????

BEIN NON !

Je dois repartir pour faire une spéciale dans la montagne à 1h du matin, avec 90 bornes de routes dans le froid et la brume. Bienvenue au DARK DOG !

Tu te retrouves au bout du monde devant le chrono de départ à 2000m d’altitude. Tu ne fais pas le malin, la faible lumière de tes phares est plus précieuse que tout et ce n’est pas les ambulances qui descendent des gars malchanceux qui vont te rassurer.

Je vous raconte un peu comment ça s’passe, conscient qu’un gars qui parle de ce qu’il vit en course, c’est un peu aussi chiant qu’une gonzesse qui parle de son accouchement ou un mec qui parle de son service militaire, mais je raconte quand même…..

 

7-6-5-4-3-2-1 la commando bondit, en face toi, des falaises, des sapins, minimiser les temps de réactions, gauche? Droite? Tout te saute à la gueule, des armées d’ombres t’entourent, les gilets fluos des commissaires t’indiquent une présence humaine, ma visière est ouverte, le vent te fouette la gueule, le souffle de la bouche te réchauffe le nez, les yeux sorti de la tête, ne pas faire le con, ne pas faire le con, Toulon, Toulon, je profite d’une ligne droite pour mettre des ouates, j’entend des cliquetis sur mon garde boue avant, « merde, des graviers » virage à gauche, rétrogradage, remettre les ouates, la roue chasse, je suis plus sur le bitume, je vois rien, les sapins en face, éviter les sapins, gauche, accélération, droite, DRRRRRRRROOIIIIIIIITTTTTTTTTEE, ça passe, j’ai vu une moto dans le fossé, gauche, changement de vitesse à coup de latte, avoir assez de puissance pour me sortir de là, ça passe et enfin la ligne d’arrivée dans une odeur d’huile chaude et de sueur avec le soulagement de se dire « c’est fait », je reste vigilant, mais je me relâche en conduisant la moto sur un filet de gaz seul sur cette route de montagne dans la nuit avec en fond la résonance du son de la Commando.

 

Tu finis à 3h du mat dans un formule 1 à l’architecture typique savoyarde (yerk !)

 

Le lendemain, traversée des ALPES, 500 bornes avec douze cols à franchir.

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C’est là que j’ai le plus pris mon pied, la bataille d’Angleterre. Mon anglaise noir mat est à l’affût, je choisis mes proies. Dans la descente d’un col, je vois une Multistrada « tiens, je me ferais bien une Multistrada » et hop, gaz à donf, la NORTON se comporte à merveille, un putain de moteur et la tenue de route fantastique. C’est un peu « on – off » à conduire, mais je prend mon pied, le DUCAT décroche. Ensuite un scoeutaire T MAX me serre dans un virage, « putain oh lui », donc je me farcis le scoeutaire (sans dec…….) son pote qui suit avec un truc immonde du nom de VERADERO se gaufre gentiment, je m’arrête, j’ai les outils pour réparer son truc en plastique, mais je me casse, estimant que je suis pas la VERONIQUE JEANNOT de la moto, pis pour tout dire, je suis un peu crevé.

Baston mémorable avec un groupe de GSXR, les mecs sont surpris de se faire coller par mon gros truc noir, mais ça se passe dans un esprit chevaleresque.

Arrivé à VALBERG sur les coups de 21 heures. Là, des motards commencent à pèter les plombs, disent que c’est trop dangereux, les étapes sont trop longues. Les flics qui nous accompagnent gueulent aussi, ils ont eu 3 collègues qui se sont crashés et émettent des doutes sur la fiabilités de leurs BMW. C’est avec une certaine ironie que je leur propose de rouler en NORTON.

Après une nuit de sommeil réparateur nous partons sur TOULON. Avant le départ de la spéciale, c’est le coup classique, les pilotes se rassurent: « on fait pas les cons les gars hein ? » et le mec qui nous dit ça se fout dans les rochers juste après le départ……..faut dire, qu’une fois que les moteurs montent en régime on devient WARRIOR ascendant poignée dans le coin, on flippe avant, mais dans l’action on a les yeux injectés de sang. Le truc plus con, c’est qu’on ne voit plus le danger. Un tiers des classiques ont abandonné sur chute ou casse moteur.

Donc on descend sur TOULON et m’arrive une merde: ressort de sélection cassé, la NORTON reste en quatrième et j’ai deux villes à traverser. La poisse, ça me fout en l’air. J’ai peur de caler. A un contrôle de passage mon embrayage surmené lâche, je pousse donc ma moto en direction de TOULON, j’en peux plus, je suis vidé, mais je profite d’une descente pour relancer le moteur et ça marche. J’arrive à la fin de l’étape sur les genoux, je suis au bout, mais on a rejoint TOULON. La NORTON est à TOULON !

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Le DARK DOG s’est fini dans le MONT FARON, par une spéciale de 8 bornes de chemins entre ravins et précipices. La moto finit 7ème avec un gros travers dans les premiers virages pour cause de pneu usé.

La moto a donc fini l’épreuve, ou plutôt, on a fini l’épreuve. Beaucoup de gens ont contribué a ce projet, ceux qui ont compris la philosophie dans laquelle on a couru, mettre en course une moto anglaise et rivaliser avec les productions actuelles (dans les spéciales on laisse derrière 50 à 60 bécanes japs dernier cri……..) et montrer qu’on ne fait pas que des expos et qu’on ne vit pas que sur le passé, qu’on est bien présent.

Beaucoup de gens sont venus nous soutenir, contents de voir une NORTON. On a senti beaucoup de respect à notre égard, tant du point de vue des autres pilotes que de l’organisation et je vous parle pas du nombres de personnes qui ont fait le détour pour voir la machine courir (un gars est même venu d’Allemagne).

Mais pour autant, si j’avais eu plus de temps et de moyens, on aurait pu obtenir de meilleurs résultats.

 

Si un membre du club est intéressé pour participer à cette belle aventure, il peut me contacter, pour ma part j’arrête mais j’espère bien voir dans l’édition 2006/2007 une de nos chères motos et serais content de contribuer à l’engagement d’un pilote. L’aventure est bien loin des salons.

 

Donc un grand merci à ceux qui nous ont soutenus, ils se reconnaîtront….

 

KRUEL

 

SPONSORS:

 

CLUB TRITON FRANCE

VALDEVIT

MOTO D HIER

LIBNER

MOTORHINO

CONSEIL GENERAL DES DEUX SEVRES

HDM MELLES