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Saison 2004
Claude-Matthieu Pezon
L’important est de participer, disait le Baron...
(de Coubertin, Pierre de son petit nom) C’est bien gentil, mais avant de songer à gagner quoique ce soit, j’aimerais déjà, au moins, participer...Chimay
. Un beau week-end ensoleillé. j’arrive à trouver une petite place au milieu des camping-Cars rutilants immatriculés en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. Beaucoup de très belles machines. Trop, à mon goût. une bonne partie des plateaux 500 est composé de “replica” Norton Manx, Matchless/Seeley G50, Tickle T5, Petty Manx, (A)BSA(F) Goldstar ou Aermacchi toutes aussi neuves les unes que les autres... Heureusement, pour les grincheux de mon genre, au milieu se trouvent des exemplaires précités, mais en version originale. Par exemple, une Matchless G50 dernier modèle (59/61 ?) dont la restauration laissait rêveur. Plus quelques raretés, comme cette authentique Köning à moteur 2 temps d’origine marine qui fut engagée en Grands Prix au début des années 70 et qui, si mes souvenirs sont exacts, était loin d’être ridicule. Le rejeton du pilote de l’époque en a hérité et continue de s’en servir. Faut-il le préciser, ces gens là participent à de vraies courses - avec des machines qui ne seraient pas déplacées dans des musées...Le Club Triton est bien présent. Le gang Pibarot est venu avec leur Triumph 500 et deux racers 250, une Bultaco et une Yamaha. Bruno Perlinski atomise la concurrence et loupe de peu la première marche du podium. E.T. débute en catégorie Avant-Guerre au guidon d’une BSA d’emprunt. Il y avait sûrement d’autres membres. Qu’ils m’excusent de ne pas les mentionner ici. En fait j’étais un peu occupé...
Après avoir vérifié ma pétoires sous toutes les coutures, je pars pour la séance d’essais. Beaucoup de choses on été modifiées pendant l’hiver, je les teste “in situ”. Plutôt satisfait, le moteur tourne bien, j’entame le troisième tour des essais quand... plus d’allumage ! Impossible de redémarrer, je rentre avec la voiture-balai. Après avoir tout vérifié et me demandant où je vais bien pouvoir trouver une magnéto, une étincelle jaillit (dans la cervelle, pas à la bougie) : le câble du coupe contact, pincé au niveau du guidon, avait mis laborieusement 4 ans à se dénuder et faire masse.
En course, l’affaire fut vite réglée : troisième tour, le moteur “serre” dans la ligne droite des stands. Je prends l’échappatoire au bout, me penche, et... Bingo, les carburateurs et leurs cuves (fixées rigide) se sont desserrés et l’essence dégouline sur la magnéto bien chaude. On est passés prêt du Triton rôti. Peut mieux faire...
Mettet
. Fin juillet, je découvre ce circuit, aussi mythique que Chimay. En fait de circuit, à vrai dire, je me rends compte en arrivant avec armes et bagages, que la nationale sur laquelle je roule fait partie du tracé. C’est même une curiosité. Trois longues (très longues) lignes droites tracées au milieu des champs forment les côtés d’un triangle dont les angles sont constitués de virages pris à toc. Une chicane, devant les stands, vient égayer un peu ce parcours “autoroutier”. Petite note amusante, dans la première ligne droite – 1,5 km au moins -, un ou deux hauts de côtes peuvent masquer des concurrents moins rapides. Comme la catégorie Avant-guerre est regroupée avec les 50 CC, la vigilance est de rigueur ! Les protagonistes sont à peu près les mêmes qu’à Chimay.Vu dans le paddock : une Velocette KTT MkVIII immaculée qui, malgré une date légèrement postérieure, court en catégorie pré-45. Vu sur la piste : Phil Read qui, contrairement au commun des pilotes engagés, est payé par l’organisation pour sa prestation en course ! Il faut, malgré tout, reconnaître, après l’avoir vu gagner sans aucune équivoque la course des cylindres à trous (Yam, Rotax et autres deux temps des années 80), qu’à soixante balais passés, il mérite bien une prime !
En ce qui me concerne, les épreuves se suivent et se ressemblent. Ayant adopté une démultiplication bien trop longue (ces foutues lignes droites), le moulin ne peut prendre suffisamment de tours. Au bord de la crise d’apoplexie mécanique, je me résous à rester à fond de troisième, à un régime moteur que la décence et l’absence de compte-tours m’empêchent d’indiquer. Dans un flou artistique dû aux vibrations typiques du twin en surrégime, je passe les concurrents un à un et me retrouve quatrième sur la ligne de départ de la manche suivante, derrière une Saroléa 600 qui va bien et un duo de Norton OHC inaccessible. Mais au bout de deux tours, je préfère jeter l’éponge avant de tout descendre. C’est pas encore pour cette fois.
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Août
. Je fais l’impasse sur Gédinne, dernière course du championnat belge, et pars en vacances avec Virginie. Petit tour de France pour couple de Bonneville. Réconfortant.Croix-en-Ternois
. Septembre. Toujours impeccablement organisé par Daniel Hénin et le CAÏMAN, c’est, au nord de la Loire, LE week-end incontournable pour tout amateur de circuit. Séries homogènes, sécurité assurée sans contrainte. C’est devenu une référence. La présence importante des Anglais, belges et Néerlandais ne viendra pas me contredire. La météo, par contre, n’est pas complètement au diapason et les averses se succèdent.Dimanche, ma brêle décide de bien fonctionner (évidemment, il n’y a plus de compétition…), le soleil s’installe plus durablement et le rythme s’accélère. Au passage du virage après le pont, je m’écarte de la trajectoire que j’essaye de tenir pour doubler (si, si) une Norton 88 et passe sur le seul “trou” qui doit exister sur cette piste. Mauvaise pioche ! La moto se met onduler (sans aucune grâce) sur l’angle, m’obligeant à élargir. Sentence immédiate, je me paye un beau soleil avec la moto, sur le bas-côté, le long des rails. Le temps de ramasser les morceaux épars, je rentre, une nouvelle fois avec la voiture balai. Je choisis de rester philosophe…
Trophées Gérard Jumeaux
. Ce coup-ci, c’est vraiment la der à Montlhéry. Je ne pouvais pas rater ça. Le club est représenté en force, le soleil est au rendez-vous. C’est un enterrement de première classe pour ce lieu unique en Europe dont on fera probablement, dans plusieurs années, des reconstitutions en 3D pour montrer aux jeunes générations un patrimoine que nous n’aurons pas su conserver… Pour ceux qui apprécient, de nombreux cycle cars Morgan, Darmont et autres font le spectacle sur l’anneau. Même s’ils ont pris de l’importance, les Trophées Jumeaux ont su éviter cet aspect “Foire à la Saucisse” qui caractérise désormais les Coupes Toto Légende. Cela est probablement du, en partie, à l’état d’esprit anarcho et sans prétention qui règne sur le petit monde des side-caristes (G. Jumeaux en était, parait-il, un digne représentant).De l’esprit, Boris en a eu besoin pour avaler la mauvaise blague : le vilebrequin du side Triumph ayant décidé de prendre son indépendance, il essaye d’emmener ses copines les bielles faire une balade en sortant par le bas du moteur… De quoi occuper quelques soirées d’hiver !
Quant à moi, première série de la journée, deuxième tour, je prends la corde au virage du Faye et constate que la piste est déjà grasse le samedi matin ! Re-gamelle… Prévoyant, j’ai pris un abonnement à l’année aux véhicules de ramassage et maintenant je connais par leur prénom tous les commissaires de piste de France et de Belgique ! Malgré tout, une légère lassitude me gagne.
Le Ton-Up
. Circuit du Mas du Clos. Pour le dernier acte, je retrouve avec plaisir ce circuit inimitable et l’organisation sans faille de Marie Leytère. Ambiance familiale garantie ! La preuve, quelques tours sont même réservés aux gamins et gamines qui, chacun sur son Pee-Wee, Mobyx et autre Chappy, tentent de battre le record du tour de la catégorie (détenu par une Motobécane Z99, je crois, à moins que ce ne soit un Peugeot 103...). Revers de la médaille, le succès de la manifestation attire beaucoup de monde. Le paddock est plein, je dois me contenter d’une place dans un pré à vaches hors du circuit. Comme nous sommes dans la Creuse et que c’est le mois d’octobre, ça ne loupe pas, il tombe des cordes. Et l’endroit se transforme rapidement en bourbier... Cela n’arrivera (malheureusement) plus. Le prix de la location du circuit ayant subi - comme tout le reste - une inflation vertigineuse, la caravane du Ton-Up doit émigrer. En 2005, elle s’est satellisée autour du Bol d’Or Classic, à Magny-Cours. De la place en plus, le charme en moins...Au moins, une bonne nouvelle : j’ai réussi à rester sur mes roues ! Des mesquins diront que le montage des petites roues empruntées au tricycle du fils de mon voisin n’y est pas étranger... M’en fous ! D’ailleurs je les conserve et la saison prochaine, je les pourris tous !!
Matthieu
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