La Genèse

Là où tout, il a commencé.

Le Club Triton France fêtait, les 18 et 19 juin 2005, le dixième anniversaire de sa création. C’est l’occasion de rappeler le parcours remarquable de celui qui en fut son instigateur et qui, encore aujourd’hui, préside à sa bonne marche.

André Chardin, alors entré simple mécanicien en 1949 à la SNECMA (Société Nationale d’Etude et de Construction de Moteurs d’Aviation, initialement la société Gnome), était déjà un amateur passionné de motocyclettes. Après avoir réalisé et détruit un prototype compressé sur base de BSA M23, il acquit une des premières Velocette Thruxton... Qui ne tardait pas à subir le même sort !

Nullement découragé par ces épreuves, notre homme, affectueusement surnommé “DeeDee” par les soldats américains en poste sur l’aérodrome de Villacoublay, persiste dans ses recherches. Grimpant, marche après marche, les échelons de la grande maison aéronautique, il devint un ingénieur prometteur. C’est en travaillant à l’étude de la Caravelle qu’il eut la révélation de ce qui allait modifier définitivement sa vision du motocycle à deux roues. Puisque cet aéroplane était doté de deux réacteurs - et non d’un seul -, pour voler plus vite, se pouvait-il qu’il en soit de même pour les cycles à moteur thermique ?

Convaincu désormais de l’avantage indéniable d’un bicylindre sur un mono - fut-il gros -, André Chardin jette son dévolu, début 1961, sur une Triumph 6T fraîchement débarquée. Il s’aperçut rapidement que si l’unité motrice laissait entrevoir un potentiel important, le châssis était loin de tenir toutes ses promesses. Cela était particulièrement flagrant quand, pour la plus grande joie des conscrits de l’Aéroport militaire de Mérignac, il s’élançait avec sa monture dans des sauts impressionnants au dessus des pistes, imitant en cela Steve McQueen dans La Grande évasion, son film de chevet. La réception était, également, fidèle au scénario.

La solution de ce problème récurrent vint, une nouvelle fois, d’une stupéfiante façon. Notre ami rencontra - dans des conditions que le Secret Défense nous interdit encore de divulguer - un pilote chevronné, transfuge de l’Est : Boris Roudenko. Cet aventurier, grande figure oubliée de la Guerre Froide, était passé dans le camp occidental en emportant avec lui de nombreux plans et documents. Parmi ceux-ci, les blueprints d’une structure mobile faite de tubes d’acier, initialement prévue pour accueillir une mini moissonneuse-batteuse Nortonskaïa. Cette révolutionnaire découverte était à mettre au compte de Vassily Macandlesski, ingénieur agronome géorgien ; il est regrettable de constater qu’aujourd’hui encore, on continue d’attribuer cette invention à son presque homonyme irlandais, Rex Mc Candless.

Quoi qu’il en soit, notre perspicace Professeur Chardin vit immédiatement quel parti on pouvait tirer de cette opportunité. Il entreprit de convaincre son confrère, le philosophe métaphisicien Bernard Gasnet, seul homme capable de donner corps à ce projet, de se joindre à eux. Doué d’un solide bon sens, l’homme de l’Art ne tardait pas à rentrer dans l’association,

le triumvira était constitué.

La suite de cette prodigieuse épopée est connue de tous et se lit maintenant dans les manuels d’Histoire. Bien que très occupé par ses nombreuses fonctions, El Presidente Chardin, titulaire entre autres de la Chaire de Biochimie spatiale appliquée de l’Université de Baïkonour, veille toujours, avec ses deux partenaires, aux destinées du CTF.

Qu’il soit pris acte, ici, de notre profonde reconnaissance (giratoire).

Matthieu (#18)

Cet intéressant document d’époque (Fond Iconographique régional du Hurepoix), nous replonge dans l’immédiat après-guerre, période fertile en avancées techniques de tous ordres. Notez, sur le casque de notre sujet, n°23, le système de double visée lenticulaire issu directement de la recherche aéronautique.